D’ici 2027, la décharge de La Gabarre, aux Abymes, cessera d’être un simple site d’enfouissement pour devenir un symbole de transition énergétique. Au cœur de cette reconversion : une centrale photovoltaïque de 25 000 panneaux, capable d’alimenter 12 000 foyers par an. Une initiative portée par le SYVADE, Cap Excellence et Albioma, qui conjugue ambition écologique, reconversion industrielle et insertion locale.
Une fin programmée pour l’enfouissement
Le compte à rebours est lancé : à partir de 2027, la directive européenne impose à La Gabarre de tourner le dos au simple stockage des déchets. Le site, jusqu’ici connu pour recevoir les déchets non dangereux de la Guadeloupe, doit désormais les transformer en ressources. C’est dans cette perspective que le SYVADE, présidé par Dominique Biras, a choisi de faire de ce lieu un pôle industriel énergétique.
« Nous avons près de 12 hectares classés à vocation déchets, mais nous devons leur redonner un avenir. »
Le choix du dôme de la décharge n’est pas anodin : ce foncier spécifique, déjà condamné à l’usage industriel, est idéal pour accueillir une ferme solaire. Ce ne sera pas une petite installation : 25 000 panneaux photovoltaïques y seront implantés, pour une capacité de 19 000 MWh par an. Une production équivalente à la consommation de 12 000 foyers guadeloupéens.
La plus grande ferme solaire d’Outre-mer
Avec ce projet, La Gabarre est en passe de devenir le plus grand site solaire d’Outre-mer. Le chantier est estimé à 13 millions d’euros. Mais les retombées attendues sont à la hauteur de l’investissement : 10 millions d’euros de redevances pour le SYVADE, 800 000 euros de recettes fiscales pour la communauté d’agglomération.
Plus qu’un symbole écologique, la centrale incarne un choix industriel. Dominique Biras en fait une vitrine : « Nous voulons faire de ce site un grand pôle énergétique, capable d’associer production solaire, biogaz, et valorisation des déchets solides. »
Ce virage stratégique repose aussi sur l’emploi local. Entre 10 et 15 postes directs et indirects sont prévus, en particulier pour de jeunes ingénieurs guadeloupéens. Une aubaine sur un territoire confronté au chômage structurel.
Une transition énergétique ancrée dans le territoire
Loin d’être un projet hors-sol, la ferme solaire de La Gabarre s’inscrit dans un modèle de développement local. En valorisant un foncier dégradé, en créant de l’emploi, en garantissant une production électrique renouvelable, elle coche toutes les cases d’un aménagement durable.
Le SYVADE, accompagné d’Albioma et de Cap Excellence, veut aller plus loin : coupler cette installation à une unité de valorisation par combustion, intégrer le biogaz, et faire du site une plateforme de référence. Le changement de paradigme est clair : l’enfouissement appartient au passé. L’énergie devient la nouvelle ressource.
Les ingénieurs locaux ne sont pas en reste : cette ferme solaire devient aussi un terrain d’apprentissage et de montée en compétence. Une réponse concrète à la fuite des talents, et une manière de réconcilier industrie et jeunesse.
Une réponse concrète aux exigences européennes
La reconversion de La Gabarre ne tombe pas du ciel. Elle répond à une directive européenne sur la transition énergétique, qui impose de sortir de la logique d’enfouissement. Pour y répondre, le site doit prouver sa capacité à produire de l’énergie à partir de déchets ou de ressources renouvelables.
Avec cette centrale photovoltaïque, le pari est en passe d’être relevé. Le projet illustre parfaitement la mutation en cours : faire du passé industriel une opportunité écologique. Et dans ce cadre, La Gabarre devient bien plus qu’un site de déchets : elle devient un exemple à suivre.
